Arrivée à Kayes – Suite Route Kayes-Bamako

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A la boutique avec quelques leaders de la ville

Nous avons fait notre entrée à Kayes à 17h moins 10. Nous avons appelé notre logeur qui nous a envoyés un émissaire qui malheureusement était à 10km de la ville. Nous devrions l’attendre. Nous sommes allés faire un tour en ville en attendant l’arrivée de l’émissaire. Malick a appelé un ami pour l’informer de notre présence dans la ville. Son ami nous proposa de passer à sa boutique située au centre-ville. Nous avons donc traversé le pont en bas duquel est placée une magnifique statue de buffle noir aux cornes banches. Nous nous sommes rendus à la boutique de l’ami de Malick qui nous reçut très bien. Plusieurs figures de l’organisation nous y trouvèrent. Ils nous souhaitèrent la bienvenue. Nous avons bavardé et fait pendant longtemps des vidéos directes sur Facebook invitant les citoyens de Kayes à se rendre massivement au lieu de la manifestation. Un confrère journaliste nous apprit que le gouverneur avait rencontré une partie des organisateurs du sit-in mettant en doute sa tenue. Le gouverneur aurait déjà publié sur sa page Facebook qu’un terrain d’entente est trouvé, et que la manifestation est annulée. Je suis tout de suite allé visiter la page du gouvernorat, voici ce que j’y ai trouvé :
INTERDICTION DE TRAFIC SUR LE PONT DE KAYES COURANT LA JOURNEE DU 23 AOUT……

Le gouverneur de la région Mahamadou Z SIDIBE a reçu en entretien cet après-midi avec le regroupement des mouvements, associations ,syndicats, population de la région de Kayes et les organisateurs de la marche qui aura lieu le lendemain le 23 Aout qui visait à couper le pont de Kayes et d’autres voies à tout mouvement de trafic courant toute cette journée pour réclamer :
1)-La mise en état immédiate de la route nationale RN1 Bamako Kayes-Diboly ;
2)-La reprise immédiate du trafic ferroviaire ;
3)- Et la reprise du trafic aérien national et international à Kayes Dag-Dag.
Le gouverneur Mahamadou Z SIDIBE, dans son intervention, a invité les organisateurs à ne pas bloquer le seul pont que la ville possède aujourd’hui pour quelque motif qu’il soit, et si la démarche de réclamation est démocratique, interdire le trafic sur le pont pendant toute une journée peut paralyser toutes les activités de la ville sur toutes ses formes et causer d’énormes préjudices pour la population elle-même.
Monsieur Abdoulaye COULIBALY, porte-parole du regroupement, invite les autorités administratives à prendre toutes dispositions pour que certaines catégories de véhicules puissent circuler librement (les urgences et autres).
La remise de mémorandum à Monsieur le gouverneur a sanctionné la fin de cette rencontre.

Mamady Dramé et la rumeur autour des quinze millions avec lesquels le gouverneur aurait soudoyé les organisateurs du sit-in

Les jeunes semblaient cependant déterminés pour un sit-in de 00h à 00h. Toute la ville semblait attendre la manifestation. Les compagnies de transport auraient donné la consigne aux chauffeurs de ne pas circuler. C’est au moment où je finissais de lire la dernière phrase du communiqué du gouvernorat que Mamady Dramé, un des jeunes leaders de la ville et organisateurs du sit-in est venu nous trouver à la boutique. A notre inquiétude au sujet du communiqué du gouvernorat, il répondit : « effectivement, le FARK, le mouvement auquel j’appartiens n’a pas prévu de faire un sit-in. Le FARK a plutôt prévu de marcher et de remettre un mémorandum au gouverneur à la fin de la marche. Nous donnons rendez-vous à tous à 7h00 pour la marche. Mais, j’arrive de Bamako, je n’ai même pas encore vu ma maison. Je vais chez moi prendre un bain et vous rejoindre ici dans quelques minutes ». Il partit nous laissant stupéfaits. Nous soupçonnions un complot, il semblait en faire partie. Il aurait fait le voyage avec un des principaux alliés du pouvoir. Et le gouverneur aurait soudoyé avec 15 millions les leaders des mouvements et associations qu’il a rencontrés cet après-midi pour négocier l’annulation du sit-in. Monsieur Dramé aurait reçu l’argent. Cela se murmurait partout. Il aurait fait un accord avec les autorités locales. Au point qu’il devient un filtré aux yeux des autres. C’est le lendemain 9h passées qu’il est venu au sit-in qui a commencé depuis 0h. Il était visiblement mal à l’aise. Ils auraient marché lui et sa bande et ils auraient remis un mémorandum au gouverneur, comme convenu.

Un sit-in de minuit

Nous avons quitté la boutique de l’ami à Malick à 19h30 pour nous rendre à notre résidence située au secteur 4. Nous nous rafraichîmes et reposâmes. A 22h40 nous sommes allés diner au centre-ville. Après le diner, accompagnés de Niane et Samaga, les amis de Malick, nous nous rendîmes au pont de Kayes où les manifestants commençaient déjà à arriver. L’ambiance était joyeuse mais sereine. Les manifestants sont venus avec des chaises, des bancs et tabourets. Ils ont aussi apporté des théières et des chichas. Ils s’installèrent sur le pont comme on s’installe à sa porte. D’autres manifestants faisaient toutes sortes de démonstration avec leurs motos. C’était fait ! le sit-in a bien eu lieu. Le pont était coupé, seuls les ambulances et les corbillards et les motos étaient autorisés à passer. Nous étions à la rive droite de Kayes. Nous nous sommes ensuite rendus à l’autre rive qui était tout aussi animée. Le pont était coupé avec deux barricades : l’une était faite de bancs et chaises sur lesquels étaient assis des manifestants faisant du thé et fumant la chicha, l’autre des tas de pneus et de fagots. Les leaders des différentes organisations prenaient la parole. Aidés par des mégaphones, ils criaient les raisons de leur sortie et encourageaient les manifestants.  « Nous ne sommes pas là pour combattre qui qu’il soit. Nous sommes là pour nous battre pour notre Kayes. Pour que les accidents et la mort que la route cause cesse. Pour préserver nos vies. Entre 2012 et maintenant, 543 accidents se sont produits sur la route, 300 blessés, 143 morts. Kayesiens, donnons-nous la main pour réussir ce combat », harangua un manifestant. Après l’enthousiasme du début, la plupart des manifestants s’assurent en grin autour du thé, et causaient des problèmes de la ville. Nous avons quitté les manifestants à 2h du matin. On s’est couché à 2h30 pour se réveiller à 7h.

Apres la toilette, nous avons pris le départ à 8h. Nous avons pris la même route qu’à l’aller. À la différence de l’aller, il a plu au retour. Cela change la donne. Les pistes que nous prenions quand la route était impraticable sont maintenant boueuses. Il fallait choisir entre les pistes boueuses et la route pleines de nid-de-poule qui donnent l’impression de rouler sur des escaliers et qui imposent de rouler à une vitesse de 20 km /h. A Sandaré, nous sommes arrêtés. Nous y avons acheté la viande grillée, des sodas et un peu d’arachide grillée pour s’occuper. Quand nous avons repris la route et que nous allions commencer à manger, Malick se rappela que nous ne nous sommes pas lavés les mains. Il sortit un désinfectant dans une boite. Nous nous sommes désinfectés les mains et nous nous sommes mis à manger. Après le dibi, nous bûmes nos Coca-Cola en racontant nos expériences sur des réseaux sociaux qui notre espace de travail. 15 minutes après Diéma, nous avons trouvé une remorque tombée dont les sacs de maïs renversés étaient ramassés par des paysans. Tout autour de la route, étaient éparpillés des grains de maïs échappés des sacs déchirés par le choc au sol. Nous avons vu des voitures arrêtées ou renversées, des passagers de transports en communs assis sous des arbres alors qu’il pleuvait. Par endroit, la route ressemblait plus à une rivière qu’à une route. L’eau de pluie y coulait comme une rivière.

Retour à Bamako

Nous nous sommes réveillés à 7h. Apres la toilette, nous avons pris le départ à 8h. Nous avons pris la même route qu’à l’aller. À la différence de l’aller, il a plu au retour. Cela change la donne. Les pistes que nous prenions quand la route était impraticable sont maintenant boueuses. Il fallait choisir entre les pistes boueuses et la route pleines de nid-de-poule qui donnent l’impression de rouler sur des escaliers et qui imposent de rouler à une vitesse de 20 km /h. A Sandaré, nous sommes arrêtés. Nous y avons acheté la viande grillée, des sodas et un peu d’arachide grillée pour s’occuper. Quand nous avons repris la route et que nous allions commencer à manger, Malick se rappela que nous ne nous sommes pas lavés les mains. Il sortit un désinfectant dans une boite. Nous nous sommes désinfectés les mains et nous nous sommes mis à manger. Après le dibi, nous bûmes nos Coca-Cola en racontant nos expériences sur des réseaux sociaux qui notre espace de travail.

15 minutes après Diéma, nous avons trouvé une remorque tombée dont les sacs de maïs renversés étaient ramassés par des paysans. Tout autour de la route, étaient éparpillés des grains de maïs échappés des sacs déchirés par le choc au sol. Nous avons vu des voitures arrêtées ou renversées, des passagers de transports en communs assis sous des arbres alors qu’il pleuvait. Par endroit, la route ressemblait plus à une rivière qu’à une route. L’eau de pluie y coulait comme une rivière.

Les barricades de Kati

Kati, Diboli, Kolokani et plusieurs autres localités ont décidé de marche le même jour, le 23 aout. Quand nous sommes arrivés à Kati le 24 aout au crépuscule, une fine pluie arrosait la ville. Les lampadaires éclairaient la route. Plusieurs centaines de voiture alignées en file indienne peuplaient la ville au long de la route. C’est en vain que nous avons tenté une percée. Nous avons fini par prendre des contours. Après avoir contourné plusieurs barricades gardées par des jeunes ivres de détermination et surtout de colère, traversé mille ruelles, nous avons enfin eu la route. Nous étions à Bamako quelques minutes plus tard.

Fin !

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