Communication Traditionnelle : Le griot Maître de la parole, fidèle gardien de la tradition orale, conservateur incontesté des mœurs ancestrales
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Comme le disait Djibril Tamsir Niane, « La parole des griots traditionalistes a droit à autre chose que du mépris ».
Le nom griot se décline sous divers noms : « djéli » ou « djali » (mandingue : malinké, bamana, khassonké, soninké, dioula…), « guewël » (wolof), « gawlo » (peul), lambat (mandjak, mankagne), « dan mà-abba » (haoussa), qawal » (arabe) ou encore « iggawin » (maure, touareg).
En Afrique centrale et dans d’autres régions du continent, le griot s’apparente à l’atalaku qui joue un rôle fondamental dans la rumba et le soukouss .
Dans le Mandé, le djéli (qui signifie « sang ») fait partie de la famille des « gnamakala » et développe la « djéliya » (la science du griot et l’art de la transmission du savoir par le sang).
Le griot Maître de la parole, fidèle gardien de la tradition orale, conservateur incontesté des mœurs ancestrales, le griot est un personnage qui joue un rôle social très important. Son statut fait de lui le conseiller le plus éclairé et le plus proche du roi, du prince ou du chef de guerre. Chez les Manding, en Afrique de l’Ouest, la tradition orale est encore dominante. Des discours et des chants d’éloge conventionnels sont produits par les griots lors des cérémonies qui marquent les événements importants de la vie sociale. Ces paroles formalisées, transmises oralement de génération en génération, accompagnent des gestes rituels (dons, danses ou autres), qu’elles complètent et « valident ». Il s’agit toujours d’un échange entre plusieurs groupes sociaux qui manifestent et renforcent ainsi leurs relations. Au Mali, les griots forment une caste à part, mais ne sont pas seulement les artistes d’un peuple, ils sont les dépositaires, les responsables de la tradition orale, musicale et poétique, car c’est grâce à eux que se transmettent la poésie, la musique et l’histoire, de génération à génération. Les griots sont des gens de la parole, une parole empreinte d’une force de persuasion qui dépasse l’art de dire. Ce qui leur confère un statut social particulier qui, mêlé à leur connaissance et à leur talent, leur donne, dans certaines sociétés, un pouvoir de persuasion sur les individus et un pouvoir occulte. Le griot joue un rôle prépondérant dans la société, il est l’animateur principal de la société dans laquelle il vit. Il est toujours sollicité à prendre part aux grandes cérémonies (mariage, baptême, intronisation, fêtes). Le griot apprend aux jeunes l’histoire de leur société, il leur parle des grands chefs, leurs comportements et leurs règnes. Il leur dit également tous ceux qui ont fait des œuvres utiles, il leur parle de leurs descendances en leur apprenant les bonnes manières. Dans certaines circonstances le griot est la seule personne habilitée à calmer les tensions sociales. Certains hommes le consultent avant de prendre épouse parce qu’il est mieux placé pour parler de telle ou telle famille, de tel ou tel parent. Le griot joue également le rôle de communicateur et d’informateur. Déclamateur public, il a pour devoir de faire oralement les communiqués en se déplaçant de quartier en quartier, de village en village, de ville en ville.
Quand il y a parfois des divergences de vue entre deux ou plusieurs autorités coutumières, le griot est chargé de recueillir tous les renseignements indispensables lui permettant de lever l’équivoque. En pareilles circonstances il est dépêché pour faire la mise au point à tel ou tel chef coutumier. Personnage très écouté, le griot intervient dans certains foyers pour régler des litiges.
En conclusion, « Les griots sont des livres vivants. On les écoute dans les cérémonies, sur les places, à la radio et à la télévision. On les appelle Maîtres de la parole ». Soundiata, l’enfant-lion : une épopée du mali – Lilyan Kesteloot
Harouna YOUSSOUF
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