Lors d’une émission diffusée sur la web-TV malienne Verus, Nouhoum Sarr, membre du Conseil national de transition (CNT) du Mali, a affirmé que les membres de l’Assemblée législative de transition (ALT) du Burkina Faso perçoivent un salaire mensuel ainsi que des indemnités de session toute l’année, au motif qu’ils seraient en session permanente. Nous avons vérifié ces déclarations.
Sur le plateau, Nouhoum Sarr soutient qu’« il est faux de dire que les membres de l’Assemblée législative de transition du Burkina Faso n’ont pas de salaire ». Selon lui, ils seraient rémunérés à 600 000 francs CFA par mois, en plus d’une indemnité journalière de session d’environ 22 000 à 22 500 francs CFA, versée sur toute l’année. Il invite d’ailleurs les internautes à vérifier ces informations en ligne (lien archivé ici).
Qu’en est-il réellement ?
La Charte de la transition du Burkina Faso, modifiée en 2024, encadre le statut et les avantages des membres de l’Assemblée législative de transition (ALT). Elle précise clairement, en son chapitre IV, consacré à l’Assemblée législative de transition, à l’article 14, que : « La fonction de membre de l’Assemblée législative de transition est gratuite. Toutefois, les membres de l’Assemblée législative de transition perçoivent une indemnité de session. »

Plus loin, l’article 19 stipule que : « L’Assemblée législative de transition est en session permanente dès sa mise en place. »

En revanche, aucun montant officiel n’est fixé dans le texte concernant ces indemnités.
Les chiffres évoqués par Nouhoum Sarr correspondent en réalité à un article publié le 7 mai 2022 par le média Burkina24, qui rapportait, en citant L’Observateur Paalga, que les parlementaires percevaient environ 600 000 francs CFA par mois et 22 500 francs CFA par jour de session. Or, cet article date d’une période antérieure, à la révision actuelle de la Charte. À cette époque, le Burkina Faso était dirigé par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, président de la Transition entre janvier et septembre 2022, avant l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré, le 30 septembre 2022.

Il est faux d’affirmer que les membres de l’Assemblée législative de transition du Burkina Faso perçoivent un salaire. En revanche, il est exact qu’ils bénéficient d’indemnités de session, dans un contexte de session permanente. Les propos de Nouhoum Sarr reposent donc sur une confusion entre salaire et indemnités, ainsi que sur des données antérieures, ce qui rend l’affirmation partiellement fausse.

